Verviers, des entreprises de construction, et tellement plus…
Pour comprendre Verviers, il faut commencer par regarder l'eau. Celle de la Vesdre, qui descend des Hautes Fagnes presque dépourvue de minéraux — particularité chimique sans laquelle la ville n'aurait jamais existé sous la forme qu'on lui connaît. C'est cette eau-là, idéale pour laver et fouler les laines, qui a fait de Verviers, dès le 17e siècle, un atelier de drapiers, puis au 19e siècle l'un des plus grands centres lainiers du continent. Cockerill, Simonis, Biolley, Peltzer : ces noms qu'on lit encore sur les façades industrielles le long de la rivière ne sont pas des décors, ce sont les fondateurs d'une époque où Verviers disputait à Bradford le titre de capitale mondiale de la laine.
Cette identité industrielle a laissé un patrimoine bâti d'une densité rare : usines de bord de rivière, hôtels patriciens des fabricants, maisons ouvrières serrées contre les anciennes fouleries de Hodimont — quartier qui, longtemps, ne fit même pas partie de Verviers mais relevait du duché de Limbourg. C'est aussi ce patrimoine qui rend la Vesdre si présente dans la mémoire des Verviétois. Quand Victor Hugo l'a traversée, il en parlait comme de "la plus belle vallée au monde". Quand elle a débordé, en juillet 2021, elle a emporté des ponts, des maisons, et chez beaucoup, le sentiment qu'on tenait l'avenir d'avance. Quatre ans plus tard, la ville se reconstruit — pas tout à fait comme avant, et c'est sans doute mieux ainsi.
Verviers, c'est aussi le titre de "Bonne Ville" obtenu en 1651, la gare de l'avenue de Stembert, l'enseignement à plusieurs niveaux qui draine les jeunes de toute la région, le Centre touristique de la laine et de la mode dans une ancienne usine textile, et cette manière de parler — un wallon mâtiné d'expressions venues d'ailleurs, signe d'une ville-carrefour qui a toujours mélangé. Verviers ne ressemble à aucune autre ville wallonne. Elle a toujours fait sa route à part, entre Liège et Aix, à mi-chemin entre la Wallonie industrielle et l'Allemagne germanophone qui commence à 30 kilomètres de là.
Mais qu'en est-il, aujourd'hui, du secteur de la construction à Verviers ?
Selon les chiffres de la Confédération Construction de l'arrondissement, le secteur représente quelque 7 125 salariés et 2 214 indépendants, pour un total proche de 3 000 entrepreneurs actifs sur le territoire — Communauté germanophone comprise. Le chiffre d'affaires régional du secteur a franchi le cap des 1,67 milliard d'euros lors du dernier comptage exhaustif, et la courbe progresse régulièrement depuis vingt-cinq ans.
Autrement dit : la construction n'est pas un secteur parmi d'autres à Verviers, c'est l'un des piliers de l'économie locale, et probablement celui qui a la plus forte capacité d'absorber la transformation actuelle de la ville. Reconstruction post-inondations, rénovation urbaine, équipements culturels neufs, rénovation énergétique du parc privé ancien (qui représente plus de 80 % des logements verviétois) : les chantiers ne manquent pas, et il faudra de la main-d'œuvre formée pour les mener. C'est aussi tout l'enjeu des filières d'apprentissage régionales, IFAPME en tête, qui forment les maçons, plafonneurs, électriciens et menuisiers de demain.
Vous trouverez sur ce site l'ensemble des entreprises de la construction verviétoise, classées par métier, dans le menu de droite. Bonne visite.
Verviers en chantier : les grands travaux 2025-2027
Quatre ans après la catastrophe de juillet 2021, la vallée de la Vesdre entre dans la phase la plus visible de sa reconstruction. La Région wallonne a validé un plan d'actions 2025-2029 doté de plus de 453 millions d'euros, qui prévoit huit grands chantiers échelonnés : Theux et Pepinster dès la fin 2025, Chaudfontaine, Limbourg et Eupen en 2026, puis Trooz, Verviers et Liège en 2027. À Verviers même, le chantier des 19 ponts endommagés se poursuit : le pont Francval est entré en travaux au printemps 2025, le pont des Dardanelles est fermé pour une rénovation lourde, et plusieurs ouvrages d'art ont déjà été consolidés sans reconstruire les piles centrales — pour ne plus offrir d'obstacles à l'écoulement de la rivière. La logique est partout la même : moins reconstruire à l'identique, plus élargir le lit, plus déplacer les bâtiments à risque, plus tenir compte du climat qui vient.
Au cœur de la ville, l'année 2025 a refermé l'un des dossiers les plus longs de l'histoire récente verviétoise. Après plus de vingt ans de saga immobilière, la Ville est officiellement redevenue propriétaire des terrains de l'ancien projet City Mall, rachetés à la banque Axa pour 2,5 millions d'euros. Le centre commercial annoncé en 2004 ne verra jamais le jour ; à la place, l'espace entre la rue Spintay, la rue du Marteau et les anciennes galeries Voos sera réaménagé pour rouvrir le centre-ville sur la Vesdre, renforcer la résilience des berges et accueillir du logement. Un peu plus loin, la place du Martyr et la place Verte, rénovées dans le cadre du programme "Verviers, Ville conviviale", forment désormais un diptyque piétonnier qui attire de nouveau l'événement et la terrasse. La rue de Hodimont, longtemps boudée, fait elle aussi l'objet d'un chantier de réfection en cours.
Côté équipements publics, l'agenda est dense. Le Grand Théâtre, monument emblématique du patrimoine verviétois, est en cours de restauration intégrale avec une extension contemporaine côté gare : 49 millions d'euros engagés, mille places dans la grande salle, réouverture annoncée à l'horizon 2028. La bibliothèque communale, entièrement assainie, désamiantée et remise aux normes énergétiques pour 4,8 millions d'euros, rouvre ses portes en mars 2026. Le projet de maison des jeunes et de quartier en cours à Hodimont s'achèvera durant l'été 2026, complété par un skatepark et un terrain multisport. La nouvelle cité administrative, prévue pour regrouper 450 agents communaux sur un seul site, démarrera son chantier fin 2026 pour 34,8 millions d'euros. Et le Conservatoire de musique entrera en travaux en 2027 pour près de dix millions. Sans compter la nouvelle caserne des pompiers à Ensival, et les nombreux bâtiments communaux mis en vente pour être rendus à des projets privés. Verviers ne s'est pas autant transformée depuis les grandes années lainières.